• CONTE AFRICAIN : LE BERGER DE IYANGA

    Dans un village du Nord du Malawi, le long du Songwe,
    semblable à mille autres villages africains ;
    à côté des maisons de torchis et de chaume,
    l'enclos pour le bétail, chèvres, brebis et vaches,
    comme dans mille autres villages africains :
    un berger , le pauvre du village, repose avec les bêtes
    comme mille autres bergers :
    c'est à eux que ce conte de Noël est dédié.

    Écoute, mon chien : tu les entends chanter, là-bas, dans l'église ?
    " Noël ! Noël ! Jésus est né de Marie ! Alléluia ! "
    Tu les entends ?
    Pendant des jours et des jours ils ont répété les mêmes refrains,
    Jémusi et Andréa, Seba et Leonia, Monika et Jusi,
    mes frères et mes sœurs.
    Et ce soir, au lieu d'aller se coucher, ils m'ont laissé seul
    avec toi, mon chien, à veiller avec les vaches et les moutons
    qui dorment doucement, le souffle reposé,
    un lent concert de soupirs, de murmures,

    de frémissements tranquilles.
    Allez, mon chien : je n'ai pas encore sommeil, ce soir ;
    on va encore mettre au feu quelques bouts de bois sec
    pour maintenir une flamme dans la nuit,
    un peu de chaleur au clair de lune.

    Tu es fatigué, mon chien ?
    Nous avons encore beaucoup couru aujourd'hui dans la brousse :
    avec les premières pluies de la saison, l'herbe est fraîche
    et les bêtes n'arrêtent pas de courir d'une touffe à l'autre
    comme pour choisir les feuilles les plus tendres ;
    il faut les surveiller :
    elles voudraient bien goûter le jeune maïs à peine germé
    trois ou quatre jeunes feuilles qui percent la croûte sombre.
    On s'entend bien, mon chien,
    et à nous deux nous arrivons à les guider tous
    à travers bosquets et savanes, ruisseaux et collines :
    maintenant nous sommes fatigués, tous les deux :
    ils dorment maintenant,
    la Blanche et son jeune veau, Noireaude la vachette,
    Capitaine le taureau aux courtes cornes,

    et tous les autres,
    mais moi, je n'ai pas sommeil.
    Joséfina m'a laissé un fond de pâte de maïs et quelques haricots rouges
    avant de partir avec les autres ;
    Léon m'a donné sa vieille chemise fanée, sans bouton ;
    ma couverture est élimée :
    je la porte comme un pagne pendant la journée
    et je m'y enroule la nuit :
    je ne suis que le berger : il en faut bien un au village,
    c'est donc moi, qui n'aimais guère l'école, les livres et les cahiers.

    Oui écoute, mon chien : de bergers !
    Ils chantent sur nous :
    écoute, mon chien :
    " Noël !
    Un enfant nous est né de Marie "
    les bergers entendent les anges du ciel :
    "Emmanuel ! Dieu avec nous ! "
    Comme ils chantent bien !
    je fredonne avec eux, tout doucement
    " Jésus, l'enfant de Dieu est né,
    Marie l'a enfanté ;
    les bergers sont réveillés
    par la grande lumière et les anges. "

     

    Regarde bien, mon chien :
    tu la vois, cette lumière ?
    ferme avec moi les yeux :
    non, ce n'est pas un rêve !
    c'est plus vrai qu'un rêve,
    c'est du soleil,
    c'est un sourire au fond du cœur
    et une douce chanson
    " Gloire à Dieu ! Paix à toi, Berger ! ".



     


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  • Commentaires

    1
    Jeudi 4 Décembre 2008 à 08:55
    coucou comme il est beau ce conte .... j'adore toutes les petites histoires comme celle la . alors , si tu en as d'autres , ne te gène surtout pas . bonne journée . bisous !
    2
    Samedi 6 Décembre 2008 à 12:53
    J'ai bien fait de passer car il y a de jolies histoires chez toi. Je te souhaite un bon week-end. Amitié
    3
    Dimanche 7 Décembre 2008 à 16:19
    Merci de ta petite visite ! ça m'a fait plaisir ! à très bientôt !
    4
    Lundi 8 Décembre 2008 à 13:32
    C'est formidable les contes du monde entier, on y retrouve l'âme des pays. Amitièes. Jetelle.
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