• JEAN LE CAM VA BIEN !

    "Jean va bien !"

    Ce sont les premiers mots de Vincent Riou du bâteau PRB !

    Pour les amateurs de voile et pour les supporters de Jean le Cam je vous mets l'intégrale du sauvetage !

    Pendant que les secours chiliens étaient en route (hélicoptère transportant des plongeurs et remorqueur), Vincent Riou, joint par la direction de course à 19h10 a indiqué qu’il avait récupéré Jean Le Cam à bord de PRB ! « C’est une histoire incroyable qui se termine bien » selon les mots d’Alain Gautier, le consultant sécurité du Vendée Globe. Voici les déclarations de Vincent Riou et d’Armel Le Cléac’h, joints lors d’une vacation spéciale ce soir à 21h10.

     

    Vincent Riou (PRB)

    Le moral de Jean
    « Jean va bien, il est content d’être là. Il vient de passer les 24 heures peut-être pas les pires de sa vie de marin, mais en tout cas pas les plus agréables. Lui et moi sommes heureux d’être là, parce qu’il y a quelques heures, ça n’était pas gagné.

    Le constat en arrivant sur place, le rôle de Vincent et d’Armel, la récupération de Jean
    « VM Matériaux était partiellement rempli d’eau, tout l’arrière était immergé. Il a dont vécu caché dans l’étrave du bateau, avec sa petite réserve d’air. Et puis, il a pris son courage à deux mains et il est sorti ! »


    « Je n’avais qu’une peur, c’est qu’il sorte et qu’on ne soit pas là. Alors toute la journée, on s’est relayé avec Armel. Et puis cet après-midi, j’ai vu des choses sortir par l’arrière, des caisses et puis la trappe cassée. Puis Jean est sorti, il a réussi à monter sur la coque du bateau et à s’accrocher au safran sous le vent. Mais à chaque vague, il passait sous l’eau, la situation était très précaire, très stressante pour lui et pour moi aussi. Ça a été un moment très intense, plein de stress. Ça a dû durer un quart d’heure. Ça a été le moment le plus difficile pour moi, je savais que c’était maintenant ou jamais. J’ai joué le tout pour le tout. »

    Outrigger cassé, opération en double, in extremis
    « Je suis passé une première fois et je lui ai lancé un cordage qu’il n’a pas réussi à attraper. Je ne voulais pas qu’il lâche son bateau sans avoir attrapé le bout. J’ai fait trois passages sans succès. Au quatrième, j’y suis allé plus près, un peu trop près d’ailleurs car j’ai endommagé le bateau. J’ai entendu un crac devant, mais j’ai vu que Jean avait réussi à attraper le cordage. Il l’a passé autour de lui et je l’ai ramené au winch. Puis j’ai constaté que l’outrigger (bâbord) était cassé, je pensais que le mât était tombé, en fait, il était gîté de 30 degrés sous le vent.
    Avec Jean, on a réfléchi et on a fait la manip’. On a empanné, c’est le plus bel empannage de notre vie comme a dit Jean. L’opération était scabreuse ! On a remis le mât droit, sécurisé l’outrigger.

    L’avenir
    « De toute façon, dès que j’ai réussi à l’embarquer à bord, plus rien n’était grave. On se dirige maintenant vers le Sud-est (sous grand voile avec trois ris et rien devant), vers les îles Diego Ramirez, vers le canal de Beagle ou vers Ushuaïa. Je n’ai pas envie d’arrêter là mon tour du monde. Je réfléchis à différentes solutions pour continuer. »

    Un grand ouf
    « Je ressens maintenant un énorme soulagement. Lorsque Jean a chaviré, j’étais au téléphone avec lui ! J’ai cravaché toute la nuit, je ne savais pas quel était le caractère d’urgence. Mais avec le froid, dans de l’eau à 5 degrés, j’ai passé ma journée à imaginer tous les scénarios. Finalement ça a été un beau travail d’équipe avec le MRCC, la direction de course, Armel et le pétrolier qui m’a guidé pour retrouver Jean plus facilement. »

    Conclusion
    « On a eu une bonne étoile et c’est tant mieux. Cette histoire fait partie de notre métier, de notre vie de marin et ce soir nous sommes deux marins heureux. »

    Armel Le Cléac’h (Brit Air)

    L’émotion
    « C’était beaucoup d’émotion cet après-midi. Tout se termine bien et c’est le principal. Il y a une demi-heure, il y a eu un moment magique. Je suis passé juste à côté d’eux, c’était grand soleil. On s’est fait un signe de la main, on a parlé à la VHF. Jean était un peu groggy mais il y avait toujours cette pointe d’humour dans ce qu’il a dit ! »

    « On se relayait toutes les heures »
    « Je suis arrivé trois quarts d’heure après Vincent. Il m’a dit qu’il avait eu un contact oral avec Jean. On s’est dit qu’on allait rester près du bateau à tour de rôle et on s’est relayé toutes les heures. J’avais fini mon quart et je me suis éloigné pour bricoler mon moteur qui était le seul opérationnel. Quand je suis revenu, j’ai vu que le bateau de Vincent avait le mât sous le vent et que l’outrigger était cassé. Mais à côté de lui, il y avait un autre gars en combinaison TPS ! C’était incroyable, de l’émotion dans tous les sens.»

    Armel reprend sa route
    « Je les ai suivi pendant une heure. On a discuté, leur gréement est sécurisé, donc depuis 10 minutes, j’ai repris ma course vers le cap Horn, même s’il faut que j’évacue tout ça, je n’ai pas encore la tête à régater. Je vais faire marcher mon bateau tranquillement, le ranger, manger. Et puis je suis un peu triste de quitter mon super compagnon de route Vincent. Il mérite de finir aux Sables. D’ailleurs, on s’est donné rendez-vous là bas pour boire un verre tous les trois !

    Les opérations de sauvetage de la marine chilienne ont donc été annulées. Le pétrolier sur zone depuis ce matin va pouvoir reprendre sa route. L’hélicoptère a rebroussé chemin, de même que le remorqueur de la marine chilienne qui devait arriver sur VM Matériaux mercredi matin.

     



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