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    ELCHE, L'ORIENT EN ESPAGNE

     

    A ville exceptionnelle, article unique !

    Mardi 5 février :

    C'est toujours dans notre troisième semaine de balade.

    Cette année à cause de mon état de santé, nous voulions éviter les villes. Mais l'année dernière nous n'avons pas pu voir Elche, c'était blindé.  Nous décidons donc de tenter notre chance et nous n'allons pas le regretter.

    A la sortie de l'aire de camping-car "La Playa del Pinet" nous prenons le bus pour Elche (6,40€/pour 2 personnes aller-retour). Jérôme à l'accueil de l'aire nous a fourni un plan de ville. Nous n'avons pas trop de mal à aller tout droit à la Palmeraie ou plus exactement à "El huerto del cura (6,00€/pour 2 personnes tarif séniors).

    L'entrée est majestueuse et l'ombre des palmiers dattier nous protège des premiers rayons du soleil. Cette palmeraie remonterait aux Phéniciens soit entre 2000/5000 ans. Par contre la conception et l'irrigation remonteraient à l'époque de la domination arabe. Il faut savoir que le palmier dattier comporte beaucoup d'éléments très utile à l'homme : la datte, la noix de coco, la farine, l'huile, le miel, l'alcool et pour un usage domestique : la toile de palmier.

    Il y a un vieil adage arabe qui dit :

    "qu'un bon guerrier touareg est capable de survivre trois jours dans le désert avec une seule datte en poche. Le premier jour il mangera sa chair, le second jour sa peau et le troisième son noyau écrasé". 

     Après avoir passé l'entrée majestueuse nous prenons le chemin entre les palmiers, c'est "le tunnel de la Salomonique" et nous arrivons sur un beau bassin où "la dama de Elche", trouvée en 1897, veille sur les nombreuses carpes. Ce buste daterait du V voir du IVème avant notre ère. Cette belle dame aurait 2500 ans ! Hélas ce n'est qu'une copie, l'original étant au musée de Madrid.

    Puis une succession de petits bassins  apporte une note de fraîcheur. Des canards ont élu domicile et barbottent pour notre plus grand plaisir.

    Puis on arrive à la rocaille qui est le joyau de la Palmeraie. Une multitude de plantes grasses impressionnantes se dresse droit comme des I et les "belle-mère", ces plantes rondes aux piquants redoutables, sont d'une grosseur gigantesque !

    Nous continuons et nous arrivons à la Palmeraie Impériale, la perle rare de cette oasis . Elle doit son nom à l'impératrice Elisabeth d'Autriche, la très célèbre "Sissi" lors de sa visite en automne 1894. Cette palmeraie a environ 165 ans et la grande attraction est ce fameux palmier dont le tronc père s'est divisé en huit bras. Un ensemble colossal qui atteint la hauteur de 17 mètres et un poids de 8 tonnes. 

    Dans ce coin de la palmeraie nous découvrons de petits habitants. Un magnifique paon blanc, un autre magnifique paon, mais aucun des deux n'a voulu faire la roue.

     Nous nous sommes promenés dans cette palmeraie pendant deux heures et nous avons adoré !!! je finirai par cette abeille qui butine une fleur d'hortensia qui annonce bientôt le printemps. 

    Nous quittons ce petit paradis et nous nous dirigeons vers la plaza de Santa Maria où se trouve la basilique d'Elche. Nous traversons un petit jardin public où un banc nous tend les bras pour reposer nos petits pieds.

    Nous arrivons sur la plaza de Santa Isabel et nous tombons sur cette sculpture de "Las tres Marias" qui recrée l'apparition de la vierge Marie dans le mystère d'Elche (https://fr.wikipedia.org/wiki/Mystère_d%27Elche). Ces trois "Marias" représentent donc la vierge Marie, Maria Jacobé et Maria Salomé. Ce sont les trois mêmes Saintes que les Saintes Maries de la Mer vénèrent.

    Puis nous tombons sur une deuxième sculpture, "El Ternari" qui représente une scène de la représentation théâtrale du Mystère d'Elche.

    La basilique étant fermée et n'ouvrant qu'à 17h30, nous partons à l'assaut de la ville. Nous découvrons le Palais d'Altamira qui fût construit au XVème siècle et qui a eu plusieurs usages, maison de certains nobles, puis prison et usine textile. Actuellement il abrite le musée d'Archéologie et d'histoire d'Elche.

    Devant le Palais d'Altamira, on découvre une sphère qui est le "Geografia de la memoria" où figurent 19 expressions de femmes qui ont marqué l'histoire de l'humanité en se battant pour leur condition. Parmi ces 19 femmes, on trouve Simone de Beauvoir et Simone Weill. 

    La Torre de la Callahora est une tour de guet érigée au 13ème siècle. Elle gardait la porte la plus importante de la ville, la porte Lucentina, qui était la route vers Alicante. 

    On longe le parc municipal sur une grande avenue toute en marbre où des toiles sont tendues, c'est joli ! Ici ce ne sont pas des parapluies.

    On rentre par une porte latérale dans le parc municipal. C'est beaucoup moins artistique que El huerto del Cura, mais c'est frais et reposant. Un vrai ballon d'oxygène en plein centre ville ! 

    L'orient est ici aussi très présent.

    Il est bientôt 17h30, on retourne voir la basilique Santa Maria qui est aussi appelée Notre Dame de l'Assomption. Elle est construite sur une ancienne mosquée qui est devenue catholique quand Jaime 1er est entré dans la ville en 1265. Elle fût démolie en 1334 et reconstruite et de nouveau détruite par les pluies torrentielles le 30 mai 1672. La transformation actuelle de style baroque date d'environ de 1673. 

    La porte principale, appelée aussi Porta Major, a été sculptée par Nicolas de Bussy, sculpteur français à qui a été confié la fin de construction de cette église qui sera achevée en 1682.

                            

    Si l'extérieur n'est pas des plus beaux, l'intérieur est vraiment superbe.

    La chapelle de la communion avec un autel en marbre où le Sacré Cœur de Jésus est surmonté des trois vertus théologales : Foi, Espérance et Charité est de style néoclassique.

    La coupole est vraiment plein de raffinements.

    Et de l'extérieur on se croirait sur l'île de Santorin.

    Et puis il y a les nombreux petits autels dans les petites chapelles latérales.

                              

    Nous sortons de cette basilique émerveillés. Beaucoup de personnes disent qu'elle est sans intérêt et bien je trouve qu'elle n'a rien à envier à certaines cathédrales.

    Il nous reste du temps avant de prendre notre bus, nous décidons d'aller voir les peintures le long du rio Vinalopo. On dirait un grand lit de rivière tout bétonné au milieu duquel coule une minuscule rivière. Et le long de cette minuscule rivière, une multitude de peintures aux styles très différents.

    Voilà, il est presque 20h30, nous devons rejoindre la gare routière pour prendre notre bus. Nous quittons Elche avec beaucoup de regrets car cette ville nous a vraiment enchantés. C'est sûr nous y reviendrons avec un très grand plaisir. Pour la suite de notre balade je vous dis à très bientôt.


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